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Est-ce qu’un prof de FLE doit forcément parler anglais ?

  • il y a 1 jour
  • 3 min de lecture

Pendant longtemps, je ne me suis même pas posé la question.


Je parle assez bien anglais et, dans mes cours de français, pouvoir l’utiliser ponctuellement m’a toujours semblé tout à fait naturel. D’ailleurs, en y réfléchissant, je réalise que pratiquement tous mes élèves parlent eux aussi anglais. Peut-être que, sans m’en rendre compte, j’ai tout simplement attiré — ou choisi — ce type de public.


Mais récemment, j’ai posé la question aux professeurs de FLE qui me suivent sur Instagram :

Faut-il parler anglais pour enseigner le français ?

Et les réponses m’ont surprise. Environ la moitié des professeurs m’ont répondu que… pas du tout.

Est-ce qu’un prof de FLE doit forcément parler anglais ?
Mon insta : @espace_prof_fle

L’anglais n’est pas la seule langue possible

Premier constat évident : tout dépend du public auquel on enseigne.


Une professeure m’a expliqué qu’elle travaillait principalement avec des hispanophones. Dans son cas, connaître l’espagnol est évidemment beaucoup plus utile que parler anglais.


D’autres enseignants se spécialisent auprès d’apprenants d’Europe de l’Est et utilisent, par exemple, le russe comme langue relais.


C’est finalement une piste intéressante : se spécialiser dans un public linguistique précis peut complètement changer la question.


La vraie interrogation n’est alors plus : « Est-ce que je parle anglais ? », mais plutôt : « Quelle langue peut réellement m’aider à communiquer avec mes élèves ? »

Et si on n’utilisait aucune langue intermédiaire ?

C’est probablement la réponse qui m’a le plus fait réfléchir.

Plusieurs professeures m’ont expliqué qu’elles enseignaient presque exclusivement en français, même à des niveaux très faibles.


L’une d’elles, qui a notamment travaillé en alphabétisation, considère même cette expérience comme une excellente école pour apprendre à enseigner sans passer par la traduction.


Une autre résume sa méthode ainsi :

« Je mime, je paraphrase, je multiplie les exemples. »

Dans un groupe, lorsqu’un élève a compris, il peut aussi parfois reformuler pour un camarade qui parle la même langue.


Petit à petit, le sens se construit.

Et finalement, je me demande si cette manière de faire ne favorise pas parfois davantage l’apprentissage.


Lorsqu’on donne immédiatement la traduction anglaise d’un mot, le chemin est très court :

français → anglais → compréhension.


Lorsqu’on mime, qu’on reformule ou qu’on donne plusieurs exemples, l’élève doit au contraire chercher le sens directement dans le contexte français. Il reste davantage dans le système de la langue qu’il apprend.

Parler anglais… mais choisir de ne pas l’utiliser

Un autre témoignage m’a également beaucoup parlé.


Une professeure m’a expliqué qu’elle parlait très bien anglais, mais qu’elle essayait de l’utiliser le moins possible pendant ses cours.


Pourquoi ?

Parce que dès que les étudiants découvrent qu’elle parle anglais, certains commencent à lui parler en anglais… et surtout à penser systématiquement en anglais avant de produire une phrase en français.


Est-ce qu’un prof de FLE doit forcément parler anglais ?

Elle préfère donc garder l’anglais comme solution de secours.

En revanche, elle reconnaît qu’avec des débutants complets, elle aurait du mal à imaginer ses premiers cours sans aucune langue commune.


Et je comprends très bien ce point de vue.

C’est d’ailleurs assez proche de ma propre pratique : je ne pense pas que l’anglais doive devenir la langue du cours, mais je trouve extrêmement pratique de pouvoir expliquer rapidement une consigne, rassurer un débutant ou débloquer une incompréhension qui prendrait autrement plusieurs minutes.


Alors, faut-il parler anglais pour enseigner le FLE ?

Après avoir lu toutes ces réponses, ma réponse serait finalement :

non, absolument pas.


Parler anglais est un outil supplémentaire. Un outil parfois extrêmement pratique, surtout avec des débutants internationaux.


Mais ce n’est certainement pas une condition pour être un bon professeur de FLE.


On peut compenser — et parfois même faire mieux — grâce au mime, aux images, aux exemples, aux synonymes, aux situations concrètes et aux reformulations.


Et surtout, un professeur qui ne peut pas recourir immédiatement à la traduction développe probablement une compétence essentielle : celle d’expliquer simplement en français.


Finalement, ce petit sondage Instagram m’aura surtout rappelé une chose : il existe beaucoup plus d’une bonne manière d’enseigner le français.



Et vous ?

Vous parlez anglais avec vos élèves ?

Jamais, parfois… ou beaucoup plus souvent que vous ne voudriez l’avouer ?





 
 
 

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